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donné mes premiers coups de bêche en 1970, dès l'achat du terrain. Mes connaissances
en jardinage étaient alors extrêmement limitées, mais mon enthousiasme était sans
bornes et je possédais un courage à déplacer des montagnes. |
Très
sagement cependant, je me contentais pour commencer de déplacer quelques arbustes,
et d'éliminer les arbres morts. C'est
à cette époque qu'est apparue chez moi une étrange maladie, facilement reconnaissable
à son principal symptôme, lequel consiste à être attiré irrésistiblement par tout
ce qui touche de près ou de loin au règne végétal.
J'avais attrapé la " Jardinite " dans sa forme la plus aiguë. Je pris alors la
ferme décision de soigner le mal par le mal, et fréquentais de plus en plus souvent
les pépiniéristes, horticulteurs, fêtes des plantes diverses et variées. Avec
le recul, je ne regrette pas d'avoir adopté cette forme de thérapie. Le jardinage
qui s'avère être une pénible corvée pour certains, procure à d'autres beaucoup
de plaisir et une forme d'enrichissement de l'esprit. Si vous faites partie de
cette seconde et sympathique catégorie, je vous invite à pousser le petit portillon
qui mène au jardin et d'y entrer. | |  |